« Nous organisons un séminaire et nous voulons former nos équipes à l’IA. » Derrière cette demande, je rencontre souvent plusieurs attentes : rassurer les personnes qui se sentent dépassées, donner un langage commun à des métiers très différents, ou apprendre à utiliser l’IA sur une tâche précise.
Ces objectifs sont tous légitimes. Mais ils ne demandent pas le même dispositif. Avant de parler de durée ou d’outils, je pose une question : qu’aimeriez-vous que vos participants comprennent ou sachent faire à la fin ?
Voici comment je distingue conférence, atelier et formation IA, à partir des situations que je rencontre en entreprise.
Ces formats peuvent se compléter. Un atelier peut faire partie d’une formation. Et une conférence peut être très interactive sans devenir un atelier de prise en main des outils.
Sur mobile, faites défiler le tableau horizontalement pour comparer les trois formats.
| Critère | Conférence IA | Atelier IA | Formation IA |
|---|---|---|---|
| Objectif principal | Comprendre, démystifier et partager des repères | Appliquer une méthode à des cas concrets | Développer des compétences définies |
| Participation | Écoute active, questions, expériences et échanges | Essais, échanges et accompagnement | Exercices progressifs et retours sur la pratique |
| Public | Métiers et niveaux variés réunis autour d’un même sujet | Participants avec des usages à explorer | Public et prérequis définis selon les compétences visées |
| Effectif | Pas de maximum fixé ; conditions de salle et de participation à cadrer | Moins de 40 personnes pour préserver les échanges et le temps individuel | À définir selon le programme et l’accompagnement |
| Durée | Dans mes interventions : 45 à 90 minutes, questions-réponses comprises | À définir selon les cas d’usage et le temps de pratique | À définir selon la progression pédagogique |
| Préparation | Contexte, profils du public et messages prioritaires | Cas concrets, outils accessibles et consignes d’usage | Objectifs, prérequis, exercices et évaluation |
| Résultat recherché | Une meilleure compréhension et des questions mieux formulées | Une méthode testée et une pratique commentée | Une compétence travaillée et des acquis évalués |
| Limite à anticiper | Ne remplace pas un accompagnement individuel à la pratique | Un essai réussi ne garantit pas une maîtrise durable | Demande du temps et un programme adapté au niveau initial |
Lors d’un séminaire, les participants n’ont généralement ni le même métier ni le même rapport à l’IA. Certains l’utilisent quotidiennement. D’autres en entendent surtout parler à travers des discours anxiogènes ou n’en voient pas encore l’intérêt.
L’objectif n’est pas de rendre leurs compétences identiques en une heure. Il est de leur donner des repères communs pour comprendre ce dont on parle. Les néophytes peuvent bénéficier d’une mise à niveau rapide. Les plus expérimentés peuvent apprécier la clarté des explications et le recul pris sur leurs usages.
Je privilégie quelques idées fortes : ce que produit une IA générative, les raisons pour lesquelles une réponse peut sembler convaincante, et la place à conserver au jugement humain. Le contenu doit rester accessible sans devenir superficiel.
Pour un séminaire consacré à l’IA chez VINCI, le point de départ était un public avec des freins, une valeur des outils parfois peu visible et de l’anxiété liée aux discours en ligne.
J’ai construit l’intervention pour démystifier l’IA et redonner des clés de compréhension : comprendre les enjeux à venir, retrouver une sensation de contrôle et se sentir capable de proposer des usages.
David Facon a ensuite partagé cet avis :
« Expérience incroyable de mentaliste & IA. Les conseils d’usage de l’IA sont intéressants. Amazing »
C’est ce type de besoin que j’aborde dans mes conférences IA en entreprise : aider un groupe à entrer dans le sujet avant de lui demander de changer ses pratiques.
Si votre attente est « chacun doit essayer et recevoir un retour », je vous orienterais vers un atelier. Le changement est important : on doit réserver du temps à la pratique, aux questions et aux difficultés de chaque participant.
Dans mes ateliers, je pars de cas d’usage concrets pour appliquer des conseils et des méthodes. Il s’agit notamment de comprendre la différence entre une utilisation générique de l’IA générative et une utilisation adaptée à ce que l’on cherche réellement à obtenir.
Une demande vague peut produire une réponse agréable à lire mais peu exploitable. Le travail consiste à préciser le besoin, apporter le contexte pertinent et examiner ce que la réponse permet vraiment de faire. L’outil devient un support de réflexion et d’essai.
Je préfère réunir moins de 40 personnes pour garder de la place aux échanges et au temps individuel. La durée se définit ensuite à partir des cas à traiter. Accumuler les exercices dans un créneau trop court n’aide pas à comprendre.
Avant l’atelier, il faut aussi vérifier les conditions réelles : outils auxquels les participants ont accès, comptes disponibles, consignes internes et données qu’ils peuvent utiliser. Un bon cas d’usage perd son intérêt si personne ne peut le tester.
La formation devient pertinente lorsque l’entreprise formule une attente précise : à l’issue du parcours, une personne doit être capable de réaliser une tâche, d’en apprécier la qualité et de comprendre ses limites.
Le programme doit alors prévoir une progression, des exercices et une manière de vérifier les acquis. La durée découle de cette ambition, du niveau initial et du temps de pratique nécessaire. Le mot « formation » ne suffit pas à définir le contenu.
Pour choisir, je conseille de demander au prestataire : quelle compétence sera travaillée, comment les participants s’exerceront-ils et comment saura-t-on qu’ils ont progressé ? Cela permet de dépasser une simple liste d’outils présentés.
Les outils évoluent vite. Une interface ou une fonction montrée aujourd’hui peut changer demain. Nos façons d’accorder notre confiance, de porter notre attention et de prendre une décision restent, elles, des sujets essentiels pour comprendre notre relation à l’IA.
Mon approche relie l’intelligence artificielle à ces mécanismes humains. Les expériences de mentalisme servent de métaphores directes aux notions abordées. Elles donnent au public une situation à vivre et à questionner, au lieu d’ajouter une animation indépendante du message.
L’enjeu est de développer une grille de lecture : pourquoi ai-je trouvé cette réponse crédible ? Qu’ai-je vérifié ? Quelle part du jugement suis-je en train de déléguer ? Ces questions restent utiles lorsque l’outil change.

Pour une learning week hybride chez BPCE, j’intervenais en visio devant un public aux profils variés. Il fallait adapter le contenu à leurs enjeux tout en tenant compte de l’attention à distance.
J’ai personnalisé l’intervention autour des profils types du public et utilisé des expériences de mentalisme réalisables en visio. L’interaction et la dimension ludique étaient au service des notions expliquées. Une conférence à distance peut ainsi prévoir de vrais moments de participation, plutôt que de reproduire une présentation en salle face à une caméra.
Oui, lorsque chaque séquence a une fonction claire. Une conférence peut ouvrir le séminaire et installer un langage commun. Des ateliers peuvent ensuite permettre à des groupes plus restreints de travailler sur leurs usages.
Je vous conseille de partir de ce que les participants doivent avoir compris avant la pratique, puis de ce qu’ils doivent essayer. Prévoir un temps de retour collectif permet aussi de faire émerger les questions rencontrées. L’intérêt vient de cet enchaînement, pas du nombre de formats au programme.
Pour une conférence, ce n’est généralement pas nécessaire. Pour un atelier où chacun doit manipuler les outils, l’équipement et les accès doivent être prévus. Le dispositif dépend des exercices retenus.
Pas systématiquement. Une conférence peut réunir ces profils autour de repères communs. Pour la pratique, des cas ou des groupes adaptés aux niveaux peuvent éviter que certains attendent pendant que d’autres décrochent.
L’objectif, les profils des participants, l’effectif, la durée disponible, la date et les conditions de présence ou de connexion. Ajoutez les questions que vos équipes posent déjà : elles sont souvent plus utiles qu’un programme d’outils prédéfini.
Vous préparez un séminaire ou une learning week ? Décrivons ce que vous voulez rendre possible pour vos équipes, puis choisissons le format qui sert cet objectif.
Isma Zmerli, conférencier en intelligence artificielle, ingénieur, diplômé en sciences cognitives et mentaliste.