« Est-ce que ça marche aussi en visio ? » On me pose la question pour une learning week à distance, pour une fête de fin d’année qui réunit deux bureaux dans deux pays, ou quand le budget ne permet pas de faire venir tout le monde au même endroit.
Ma réponse : oui, à une condition. Une conférence en visio ne doit pas être une conférence de salle filmée. Le format change, et la façon de capter l’attention aussi.
Voici comment je compare présentiel, visio et hybride, à partir des interventions que je prépare pour les entreprises. Pour choisir entre conférence, atelier et formation, lisez aussi mon comparatif des formats d’intervention IA.
Les trois peuvent fonctionner. La vraie question est ailleurs : que doivent vivre vos participants pendant ce moment ?
Sur mobile, faites défiler le tableau horizontalement pour comparer les trois formats.
| Critère | Présentiel | Visio | Hybride |
|---|---|---|---|
| Ce que vit le public | Une émotion partagée par toute la salle | Une expérience vécue chacun chez soi, au même moment | Deux publics à relier |
| Attention | Portée par l’énergie du groupe | Fragile : elle doit être relancée en permanence | Inégale entre la salle et les écrans |
| Interaction | Volontaires sur scène, réactions de la salle | Chat, caméras, expériences vécues depuis son écran | À prévoir pour les deux publics |
| Taille du groupe | De la réunion d’équipe à la plénière | D’une dizaine de personnes à plusieurs centaines | Selon la salle et la plateforme |
| Logistique | Salle, technique, déplacements, hébergement | Un lien, une plateforme et un essai technique | Les deux, plus une régie pour relier salle et distance |
| Durée idéale | De 30 à 90 minutes | De 15 à 60 minutes | Comme en salle, avec des relais pour la distance |
| Points forts | Énergie, souvenirs communs, moments informels | Plusieurs sites réunis, aucun déplacement, mise en place rapide | Inclure ceux qui ne peuvent pas venir |
| Limite à anticiper | Réunir tout le monde au même endroit | La fatigue des écrans et la tentation des autres onglets | Les participants à distance deviennent spectateurs |
Une salle crée quelque chose qu’aucun écran ne remplace complètement : la réaction collective. Quand une expérience de mentalisme surprend, la surprise se propage d’un rang à l’autre. On rit ensemble, on se regarde, on en reparle au cocktail.
Le présentiel permet aussi les formats les plus spectaculaires : des volontaires sur scène, du close-up entre les tables, un spectacle complet après une conférence.
Sa limite est simple : il faut réunir tout le monde au même endroit, avec le temps, les déplacements et le budget que cela suppose.
La visio répond à une réalité : beaucoup d’équipes ne travaillent plus au même endroit. En Île-de-France, 32 % des salariés télétravaillent au moins un jour par semaine, et 62 % des cadres (Insee, données 2024).
Sa limite tient en un mot : l’attention.
En salle, la présence des autres tient l’attention. À distance, plus rien ne la retient : caméras coupées, notifications, onglets ouverts. Une présentation filmée, même excellente, se regarde de loin.
C’est là que le mentalisme change la donne. Il ne se regarde pas, il se vit. Chaque participant pense à un mot, fait un choix, note quelque chose sur une feuille, puis découvre le résultat en direct, en même temps que ses collègues. La surprise est partagée, même à travers les écrans.
Dans mes conférences sur l’IA, chaque expérience sert une idée : pourquoi une réponse bien formulée nous convainc si vite, comment notre attention peut être guidée, où notre jugement reste indispensable. Le participant vit d’abord l’expérience, puis il en comprend le mécanisme. C’est ce qui transforme une conférence en visio en moment interactif.
Pour la learning week de BPCE Assurances, en septembre 2026, j’intervenais en visio devant un public aux profils variés. Il fallait adapter le contenu à leurs enjeux tout en tenant compte de l’attention à distance.
J’ai construit la conférence autour des profils types du public, avec des expériences de mentalisme réalisables en visio. L’interaction et la dimension ludique étaient au service des notions expliquées : de vrais moments de participation, plutôt qu’une présentation de salle face à une caméra.

L’hybride réunit une salle et des participants à distance. C’est souvent la solution la plus inclusive, et la plus délicate. Le piège : les personnes connectées deviennent spectatrices de ce qui se passe dans la salle.
Pour l’éviter, je conçois les expériences pour que les deux publics participent, et je m’adresse aussi directement à la caméra. Côté technique, prévoyez une caméra dédiée à l’intervenant, un bon micro et une personne qui relaie les questions du chat.
Au-delà d’une heure, mieux vaut prévoir une pause ou découper la session. Et une session courte n’est pas plus simple à préparer : chaque minute doit compter.
Elle évite les déplacements et l’hébergement. La préparation, elle, reste la même : adapter le contenu à votre public et concevoir des expériences pour l’écran demande autant de travail qu’en salle.
Oui, s’il est conçu pour l’écran. Les expériences reposent sur ce que chacun pense, choisit ou note chez lui, pas sur des objets à faire passer dans le public.
Oui. Une plénière peut se tenir en salle et être diffusée vers les autres sites, ou une learning week peut alterner sessions en salle et sessions à distance. L’important est de prévoir l’interaction pour chacun.
Vous préparez une learning week, un séminaire à distance ou une fête de fin d’année entre plusieurs sites ? Parlons du format qui servira le mieux vos équipes.
Découvrir la conférence IA en visio
Isma Zmerli, conférencier en intelligence artificielle, ingénieur, diplômé en sciences cognitives et mentaliste.